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« Où est passé le S de l’ESG ? » avec Laurent Berger Institut pour l’Environnement et la solidarité et Sophie Thiery DG Dialogues et CESE 

Interview de Cédric Lavérie : Encourager de nouvelles formes de dialogue entre partie prenantes pour progresser sur l’ESG

Cédric Lavérie, Directeur de la Recherche sur la Gouvernance française à l’Institutional Shareholder Services (ISS) et membre du Comité stratégique de l’ESG Lab & Society, nous livre sa vision de l’ESG et les motifs de son engagement au sein de l’ESG Lab & Society

Les sujets environnementaux et sociaux ont fait leur apparition dans les Assemblées Générales

Pour Cédric Lavérie, l’ESG est un élargissement du périmètre stratégique, tant pour les investisseurs que pour les sociétés, permettant de se projeter au-delà de l’horizon financier à court terme et d’avoir une vision plus globale de l’impact des acteurs sur la société et des impacts que la société a sur eux.

« On peut voir l’influence de l’ESG au sein des AG qui ont été longtemps seulement des chambres d’enregistrement ». Elles ont peu à peu intégré les sujets de gouvernance et depuis quelques années des sujets environnementaux et sociaux.

Une incompréhension dans le dialogue entre investisseurs et émetteurs

Le E et le S ne sont pas encore bien définis, ou en tout cas pas définis de la même façon par tous les investisseurs et tous les émetteurs, ce qui est une source d’incompréhension dans le dialogue sur ces sujets. Pour progresser il va falloir basculer dans une logique de co-construction.

L’ESG fait partie de la stratégie de l’entreprise : il faut sortir des silos et avoir une vision globale

Il faut arriver à parler ensemble du E, du S et du G pour avoir une vision commune et globale. L’ESG fait partir de la stratégie de l’entreprise, ce qui nécessite de parler en même temps de financier, de social, d’environnemental et de gouvernance.

L’ESG Lab & Society permet d’échanger entre investisseurs et émetteurs en sortant des postures

Selon Cédric Laverie, l’ESG Lab & Society est un lieu qui permet d’échanger au-delà des positions formelles, de co-construire et de créer de nouvelles formes de dialogue entre parties prenantes.

L’industrie des produits de la mer : prochaine thèse d’investissement ?

L’industrie des produits de la mer joue un rôle essentiel dans l’équilibre entre la biodiversité & les écosystèmes, d’une part, et les dynamiques sociales et économiques, d’autre part. Elle offre un potentiel de croissance et joue un rôle important dans l’alimentation d’une population mondiale en augmentation. 

Malgré son importance, l’industrie des produits de la mer est disproportionnellement petite en termes de capitalisation boursière par comparaison avec ses pairs du secteur de l’économie bleue. Elle ne représente que 1% de la capitalisation boursière dans notre univers boursier. Identifier les sociétés cotées de produits de la mer peut s’avérer être un défi, car un certain nombre sont détenus par de grandes entreprises commerciales, comme par exemple Mitsubishi Corporation avec Cermaq. 

D’après la FAO, la production issue de la pêche et de l’aquaculture a atteint un niveau record, et elle est appelée à jouer un rôle croissant dans l’approvisionnement alimentaire et nutritionnel. On prévoit une augmentation de 15% de la production totale (hors algues), qui devrait atteindre 202 millions de tonnes en 2030, essentiellement du fait de l’aquaculture. La consommation devrait passer de 20,2 kg en 2020 à 21,4 kg par habitant en 2030, grâce à la croissance des revenus et de l’urbanisation, à une amélioration des pratiques de récolte et une prise de conscience croissante en matière de santé. De fait, la nourriture d’origine aquatiques constitue une excellente source en protéines, en Omega-3 (acides-gras essentiels), ainsi qu’une bonne alternative aux autres protéines animales, davantage émettrices de carbone. 

Avec une population mondiale croissante qui devrait atteindre 8,6 milliards de personnes en 2030, la demande en denrées alimentaires d’origine aquatique ne fera qu’augmenter. Cette évolution, conjuguée à la pression accrue des coûts de l’alimentation destinée aux poissons et de l’énergie, exercera une pression sur les prix, qui pourraient augmenter de 33 % d’ici à 2030.

L’aquaculture offre un potentiel de croissance intéressant et peut répondre à la demande mondiale croissante en nourriture d’origine aquatique. C’est une solution qui contribue à la durabilité des océans, sous couvert d’un environnement et d’une consommation de poissons adéquats. La production issue de l’aquaculture a été multipliée par six au cours des 30 dernières années et dépasse aujourd’hui de 35 % la production issue de la pêche industrielle. Elle devrait encore augmenter de 35 % d’ici à 2030. La production est dominée à 80 % par les marchés asiatiques, la Chine en produisant plus de la moitié. Plusieurs problèmes environnementaux sont liés à cette activité, tels que la forte concentration d’espèces, les problèmes de nutrition et de macrobiotique qui engendrent de la pollution et causent l’évasion de poissons qui envahissent les habitats naturels et entraînent une perte de biodiversité. Il existe également des obstacles fondamentaux tels que le besoin d’innovation, de financement, de gouvernance et de réglementation. La feuille de route de la FAO pour la « transformation bleue » a fixé comme priorité la mise en œuvre de pratiques d’aquaculture durables qui soutiennent la biodiversité, facilitent la restauration des écosystèmes et la fourniture de services écosystémiques.

Le marché de la pêche industrielle est plus fragmenté. Neuf pays représentent plus de la moitié des pêches de capture sauvage dans le monde, la Chine représentant 14,7 %, suivie de l’Indonésie 7,7 % et de l’Inde 6,1 %. La production halieutique mondiale a culminé à 96,5 millions de tonnes en 2018 et a diminué de 6,4 % pour atteindre 90,3 millions de tonnes en 2020, en raison de la COVID-19. La pêche sauvage a entraîné une chute spectaculaire des stocks de poissons dans le monde au cours des cinquante dernières années.

Selon la FAO, le pourcentage mondial de stocks de poissons qui se situent à des niveaux biologiquement durables est passé de 90 % en 1974 à 64,4 % en 2019. Le changement climatique, la pollution et les espèces envahissantes ont également contribué à la perte de biodiversité marine. Hélas, on perçoit une tendance chez les pays les plus producteurs en matière de pêche industrielle à obtenir de mauvaises notes selon les critères de pêche Illicite, Non déclarée et Non réglementée (INN), comme la Chine.

Toutefois, le traité sur la haute mer conclu en mars 2023 constitue une étape importante pour l’avenir de nos océans et la reconstitution potentielle des stocks de poissons. Il stipule que 30 % des mers doivent être protégées d’ici à 2030.

Interview de Charlottes Gardes, Présidente du Comité stratégique de l’ESG Lab & Society

Charlotte Gardes partage sa vision de l’ESG et son engagement auprès d’Aurore Bardon en tant que Présidente du Comité stratégique de l’ESG Lab & Society.

Les piliers de l’ESG

L’urgence est de prendre en considération les 3 piliers de l’ESG (environnement, social/sociétal et gouvernance) dans leur ensemble à leur juste valeur : celle d’un développement économique durable et résilient, d’une transition écologique juste, et d’un réalignement des pratiques de nos entreprises et des États sur ces objectifs. Dans un objectif de résilience et d’épanouissement face aux défis climatiques, physiques, environnementaux et sociaux de notre temps, c’est une logique d’intégration permanente de l’ESG dans les pratiques des entreprises qui déterminera l’atteinte desdits objectifs. Découvrez l’interview de Charlotte Gardes :

https://youtube.com/watch?v=3ihhax9hzmg

L’ESG Lab & Society et l’engagement de Charlotte

Vous l’avez entendu dans l’interview de Charlotte Gardes : les grandes entreprises ont un rôle primordial à jouer pour intégrer ces facteurs dans leur business model et dans leur stratégie en entraînant toute leur chaine de valeur. L’ESG Lab & Society est une excellente initiative qui n’a pas d’équivalent à ce jour ! Il propose un lieu de dialogue ouvert, la mise en perspective enrichie par des experts de problématiques concrètes et la définition de plans d’actions pour mettre en œuvre la stratégie des entreprises pour faire bouger les lignes. Forte de sa riche expérience, de son optimisme, de ses idées innovantes et de son engagement sur ces sujets, Charlotte était la personne idéale pour présider bénévolement le comité stratégique de l’ESG Lab & Society, en ligne avec son engament citoyen !

Charlotte Gardes est aujourd’hui en charge des sujets de finance durable et de risque climatique au Département des marchés monétaires et de capitaux du FMI. Auparavant, elle était à la Direction générale du Trésor sur ces mêmes sujets (2019-2021), et rapporteur de la mission de Patrick de Cambourg sur l’information extra-financière des entreprises. Elle est membre du Comité scientifique de l’Observatoire sur la Finance Durable et de comités de recherche supervisés par l’ADEME. Elle a débuté sa carrière début 2017 à l’AMF. Elle a enseigné à Sciences Po Paris et à la Sorbonne.

Interview de Charles-Edouard Vincent, Fondateur et CEO de Lulu Dans Ma Rue

Comment créer une société plus inclusive sans laisser trop de gens sur le bord de la route ?

Charles-Edouard Vincent, membre du comité stratégique de l’ESG Lab & Society, Fondateur et CEO de Lulu Dans Ma Rue, partage sa vision de l’ESG et plus particulièrement du pilier social/sociétal qui lui tient particulièrement à cœur.

L’importance de créer une société plus inclusive

Dans cette interview, Charles-Edouard Vincent souligne l’importance de créer une société plus inclusive : « Aujourd’hui, on souffre tous de ces phénomènes d’exclusion qui peuvent aller jusqu’à la violence ».

Il est primordial pour lui de réfléchir à comment créer plus de cohésion et comment rapprocher toutes les parties prenantes de la société y compris les plus fragiles.

Pour Charles-Edouard Vincent, l’ESG rentre dans le cœur de métier des entreprises car elles ont le pouvoir de changer les choses avec les autres parties prenantes de la société.

L’ESG Lab & Society : un rôle de catalyseur

L’ESG Lab & Society a un rôle de catalyseur entre les entreprises, les pouvoirs publics et la société civile. Pour Charles-Edouard Vincent, on a besoin des structures de ce type avec une vision multi parties prenantes.

Charles-Edouard Vincent est une personnalité incontournable du Comité Stratégique de l’ESG Lab & Society. Il apporte en effet sa connaissance des entreprises, du terrain, de l’entrepreneuriat social, des sujets sociaux et sociétaux ainsi que son optimisme !

Charles-Edouard est diplômé de Polytechnique, des Ponts et Chaussées et de Stanford. Il s’engage aux côtés de Martin Hirsch, alors Président d’Emmaüs France, et crée Emmaüs Défi afin d’apporter des solutions innovantes pour lutter contre la grande exclusion. Il fonde ensuite Lulu Dans Ma Rue en 2015, société qu’il dirige aujourd’hui, pour créer de l’activité pour tous ceux qui en ont besoin.

Interview de Nicolas Mottis : se fixer un cap et des objectifs pour intégrer les enjeux ESG

Nicolas Mottis, professeur à l’école Polytechnique, spécialiste de la finance durable et membre du Comité stratégique de l’ESG Lab & Society, nous livre sa vision de l’ESG et évoque son engagement au sein de l’ESG Lab & Society.

Les enjeux de transition ne se limitent pas au réchauffement climatique

Nicolas Mottis souligne que les enjeux de transition sont majeurs et qu’il y a certes le réchauffement climatique mais aussi des enjeux sociaux, de préservation de la biodiversité …

« Beaucoup d’acteurs se jettent à l’eau et le courant est assez fort, il y a du boulot et pas mal d’obstacles. Nous sommes dans cette phase-là. C’est un moment intéressant car beaucoup de gens rament et nagent et on espère qu’ils vont réussir car les enjeux de transition sont absolument majeurs ! »

Les entreprises doivent se fixer un cap et définir des objectifs

Il revient sur ce qui manque aux entreprises pour accélérer la prise en compte de l’ESG. Pour lui, il est nécessaire d’augmenter le niveau d’effort et les entreprises doivent se fixer un cap avec des objectifs. Il souligne l’importance d’avoir des compétences multiples en finance, en management et aussi dans différents domaines de la physique, de la biologie, de la mécanique, des matériaux et donc un champ de compétences très large pour réussir à avancer sur les enjeux ESG.

L’ESG Lab & Society : une approche originale et intéressante

Pour Nicolas Mottis, l’ESG Lab & Society est une initiative à la fois originale et intéressante : créer un lieu de rencontres et de construction qui permet à des acteurs venant de mondes très différents et parfois opposés de construire des solutions.

L’idée d’aider des entreprises qui ont souvent des impacts négatifs ou positifs majeurs sur leur environnement pour qu’elles adoptent des changements majeurs est très intéressante.

Nicolas Mottis apporte au comité stratégique de l’ESG Lab & Society son expertise en matière de finance durable, de stratégie et d’innovation. Il met son expertise au service des entreprises pour les accompagner et permettre à ces dernières d’avoir un véritable impact.

Nicolas Mottis et professeur et directeur de l’exécutive master à l’école polytechnique, ses recherches portent sur la finance responsable et le management de l’innovation.  Il intervient comme expert extérieur pour le Global Compact, il est membre du CA du FIR depuis 2017, de la Commission Climat et Finance Durable de l’AMF depuis 2019 et du Comité Scientifique de Finansol-FAIR depuis 2021.

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